« C’est parce que l’intuition est mystérieuse qu’il faut l’écouter »

lucierivet@yahoo.frBy lucierivet@yahoo.fr 4 années ago

Notre cycle de conférences / ateliers  s’est conclu hier, sente de la guirlande de Julie, à Rambouillet, avec notre séance finale dédiée au sixième sens.

Merci à l’équipe de la médiathèque et à tous les participants.

Merci à la grande femme de lettres Karen Blixen, dont vous trouverez une interview ci-dessus (en français) et à tous les auteurs, contemporains et des siècles passés, qui nous ont inspirés dans notre travail.

 

image

Nous avons trouvé ce texte surprenant de Victor Hugo, issu de ses Proses philosophiques, particulièrement éclairant pour nous aider à comprendre ce que pouvait bien être ce mystérieux sens représenté dans la sixième des tapisseries de la Dame à la Licorne, exposées au Musée du Moyen-Âge, à Cluny, juste à côté de la Sorbonne à Paris.

 

« Vous êtes-vous parfois replié en vous-même, plongeant vos yeux dans votre propre mystère, songeant et sondant ? Qu’avez-vous vu ? Une immensité. Une immensité, noire pour quelques-uns, sereine pour quelques autres, trouble pour la plupart.

Presque tous les penseurs qui se recueillent et méditent aperçoivent en eux-mêmes (c’est-à-dire dans l’univers, l’homme étant un microcosme) une sorte de vide d’abord terrible, toutes les hypothèses des philosophies et des religions superposées comme des voûtes d’ombre, la causalité, la substance, l’essence, le dôme informe de l’abstraction, des porches mystérieux ouverts sur l’infini, au fond, une lueur. Peu à peu des linéaments se dessinent dans cette brume, des promontoires apparaissent dans cet océan, des fixités se dressent dans ces profondeurs ; une sorte d’affirmation se dégage lentement de ce gouffre et de ce vertige.

Ce phénomène de vision intérieure est l’intuition.

…L’intuition est à la raison ce que la conscience est à la vertu : le guide voilé, l’éclaireur souterrain, l’avertisseur inconnu, mais renseigné, la vigie sur la cime sombre. Là où le raisonnement s’arrête, l’intuition continue. L’escarpement des conjectures ne l’intimide pas. Elle a de la certitude en elle comme l’oiseau. L’intuition ouvre ses ailes et s’envole et plane majestueusement au-dessus de ce précipice, le possible. Elle est à l’aise dans l’insondable ; elle y va et vient ; elle s’y dilate ; elle y vit. Son appareil respiratoire est propre à l’infini. Par moments, elle s’abat sur quelque grand sommet, s’arrête et contemple. Elle voit le dedans.

Le raisonnement vulgaire rampe sur les surfaces ; l’intuition explore et scrute le dessous.

L’intuition, comme la conscience, est faite de clarté directe ; elle vient de plus loin que l’homme ; elle va au delà de l’homme ; elle est dans

imagel’homme et dans le mystère ; ce qu’elle a d’indéfini finit toujours par arriver. Le prolongement de l’intuition, c’est Dieu. Et c’est parce qu’elle est surhumaine qu’il faut la croire ; c’est parce qu’elle est mystérieuse qu’il faut l’écouter ; c’est parce qu’elle semble obscure qu’elle est lumineuse. »

Un nouveau cycle de conférences / ateliers devrait débuter bientôt.image

J’aimerais beaucoup pouvoir travailler sur les 1000 visages de l’héroïsme dans les littératures (surtout françaises, parfois européennes et américaines) et voir comment ces personnages d’exception peuvent nous inspirer dans notre vie quotidienne.

J’envisage en effet la littérature comme un refuge / un sanctuaire, où l’on ne se rend non pour fuir la réalité, mais plutôt pour la rendre plus belle. On y puise.

 

Category:
  Ecriture
this post was shared 0 times
 3500

4 Comments