Karen, Isabelle, la pluie et les lions

lucierivet@yahoo.frBy lucierivet@yahoo.fr 4 années agoNo Comments

 

 

Écrire à la manière de … est une façon de rendre hommage au talent d’un écrivain que l’on aime … tout en exprimant quelque chose qui nous tient à coeur, ranimer ou partager un souvenir, un sentiment, un projet ou une idée …

Il y a quelques jours, j’ai croisé par hasard Isabelle qui a participé aux imagedeux saisons d’ateliers d’écriture de Rambouillet, printemps-été 2014 et hiver-printemps 2015.

Comme j’avais été très touchée par l’une de ses créations, je lui ai demandé si elle pouvait me l’envoyer. Quelques heures plus tard, Isabelle s’est exécutée et m’a autorisée à utiliser ce texte comme bon me semblerait. Je l’ai reçu alors que je marchais sous la pluie.

Je pense qu’il figurera dans le livre sur l’écriture que nous sommes en train de réaliser avec ma sœur ; en attendant je le partage avec vous.

Le texte d’Isabelle est écrit à la manière de celui de Karen Blixen, (qui parle, en français, de la beauté des lions minute quatre de l’interview que vous trouverez d’elle si vous cliquez sur son nom)

Voici la composition d’Isabelle :

image« Quand les bruits tintent sur les pavés et que quelqu’un gratte à la porte, c’est un ami, mais ce n’est pas lui. Quand c’est plein de vie, que ça claque, et que ça rit, c’est des enfants, petits, mais ce n’est pas lui. Quand ça crisse violemment et que ça sonne brutalement c’est un voisin, mais ce n’est pas lui. Quand le « clac » de la portière se fait entendre, quand ça cliquette comme des clés que l’on cherche, alors on y croit, on sait que c’est son heure, on l’espère tant qu’on en ferait du mal à ce quelqu’un qui n’est pas lui.
Et puis au bout de tant d’attente, quand les pas que l’on pense imaginer se rapprochent, que les talons claquent d’une certaine façon, que le carillon ne tinte pas, mais que la porte vous régale de son grincement amical, quand on sent que ces pas tant souhaités sont vraiment les siens ; alors, ni d’avant, ni d’après, plus rien n’existe désormais que LUI. »

 

Voici la composition de Karen :

«Quand le souffle passait en sifflant au-dessus de ma tête, c’était le vent dans les grands arbres de la forêt, et non la pluie. Quand il rasait le sol, c’était le vent dans les buissons et les hautes herbes, mais ce n’était pas la pluie. Quand il bruissait et chuintait à hauteur d’homme, c’était le vent dans les champs de maïs. Il possédait si bien les sonorités de la pluie que l’on se faisait abuser sans cesse, cependant, on l’écoutait avec un plaisir certain, comme si un spectacle tant attendu apparaissait enfin sur la scène. Et ce n’était toujours pas la pluie.
Mais lorsque la terre répondait à l’unisson d’un rugissement profond, luxuriant et croissant, lorsque le monde entier chantait autour de moi dans toutes les directions, au-dessus et au-dessous de moi, alors c’était bien la pluie.

C’était comme de retrouver la mer après en avoir été longtemps privé, comme l’étreinte d’un amant.»

image

Ces lignes sont extraites de son livre Ferme africaine, qui a inspiré le film Out of Africa, que j’ai moi-même lu et visionné en rentrant du Kenya, où j’ai découvert l’existence de cette écrivain grâce au quartier de Nairobi qui porte son prénom. J’ai passé beaucoup de temps dans le jardin de la maison de Karen quand je n’étais ni en safari (mot qui signifie « voyage » en Kiswahili) ni à l’Ambassade, ni chez nous à White Oak.

 

PS : Le tableau qui a été choisi pour illustrer ce billet a été peint par William Etty à la manière de Titien et Rubens.

Pandora Crowned by the Seasons, 1824.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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